24/05/2017

Li walon, nosse langue

LI WALON NOSSE LANGUE

  

Le mouvement de fidélité et de retour au wallon réclame pour notre langue la place qui lui revient chez nous.  Ce sentiment et cette conviction s'inscrivent dans un vaste élan mondial de reculturation opposé au nivellement et à la standardisation.  S'il est indispensable que nous disposions d'une langue internationale, quelle qu'elle soit, et que nous en connaissions plusieurs le mieux possible, pour participer à la culture mondiale, seule la connaissance de la nôtre peut nous conserver notre personnalité et ne pas appauvrir notre pensée.  Pour ce faire, il faut connaître, pratiquer et cultiver cette langue.

 

D’abord, est-ce une langue?

 C'est le langage que tous les Wallons ont dégagé naturellement du latin populaire par un processus de longue durée, parallèlement aux 8 autres langues romanes: portugais, espagnol, catalan, occitan, français, romanche, italien, roumain.

Le français a d'abord suivi un processus parallèle, mais adopté par l'école et impuissant à créer son vocabulaire scientifique et abstrait, il l'a emprunté artificiellement au latin et au grec par exemple: chauve - calvitie, cheval - équitation - hippique, dent -  odontologie, eau -  aqueux - hydraulique, nez -  rhinite - nasal, ville -  urbain - politique - citadin. 

Le wallon, n'ayant pas eu accès à l'école, a continué à rendre des concepts abstraits par des tournures concrètes par exemple :

(F) Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras.

(W) Vaut mia on mouchon è s'mwin qu'one cope su l'haye.

et lui a conservé une simplicité directe :

par exemple :

(F) La raréfaction de l'eau prend des proportions alarmantes.(W) Nos-alans ièsse sèrés d'eûwe.

 

Une langue est un moyen de communication verbal qui se distingue nettement d'un autre.  Il est inutile de rechercher les différences entre le wallon, le russe, et même entre le wallon et le néerlandais;  elles sont évidentes.

Il suffit de voir celles qui caractérisent le wallon à l'égard du français codifié qu'on nous apprend à l'école, qui est la langue qui lui ressemble le plus. Le wallon s'en distingue des  points de vue suivants.

 

1 Phonologie

N'existent pas en français, les sons :

[o] des mots : cô (= (F) cou); sô (= .(F) saoul ou soûl); tchôd (= (F) chaud); vôte (= (F) crêpe); hôt ( (F) haut);  etc.

[I] des mots : di (= (F) de); mi (= (F) moi, me); spirou (= (F) écureuil), etc.

[y ] des mots : dju (= (F) détaché); p'lu (=(F) pouvoir); rètu (=(F) robuste); volu (= (F) vouloir ; etc.

[å] des mots : åcolète (= (F) enfant de choeur); må (=(F) mal); etc.

[X] des mots : Moxhe, Xhoris, Xhignesse.

 

N'existe pas en wallon, le son :

[oe] des mots : beurre, meuble, fleur, peur, etc.

[ε:] des mots : sêze (= (F) seize); tchêr (=(F) cher); trêze (= (F) treize);  comêrce (= (F) commerce) ; etc.

 

2 Morphologie

exemples:

1) articles:

même article “défini” au masculin et féminin singulier:  LI/EL

(W) li gamin

(F) le garçon

li bauchèle

la fille

 

2) pronoms:

 

·      (F) lui

1 COI

(W) lî: Djè lî dîrè.

2 Complément prépositionnel

li: avou li, por li

 

(F) elle

1 sujet

(W) èl(l)e: èle va; èlle a

2 Complément prépositionnel

lèye: avou lèye, por lèye

 

·      absence d'un démonstratif neutre quant au raprochement ou à l’éloignement:

(F) ce garçon~ci (rapproché)

(W) ci gamin-ci

ce garçon (neutre)

(W) -

ce garçon-là (éloigné)

(W) ci gamin-là

 

·      (F) duquel

1 de quelle sorte

(W) do quéke

2 appartenant auquel

dau quéke

de laquelle

 

 

 

1 de quelle sorte

dè l’quéne

2 appartenant à laquelle

da l’quéne

 

3) verbes:

par exemple:

(1) emploi logique du conditionnel dans la conditionnelle:

(F) S’il pleuvait, je resterais chez moi.

(W) S’i ploûreûve, dji d’meûrreûve è l’maujo.

 

(2) participe passé employé avec AWE/AVEÛR invariable:

par exemple:

L’ome qui dj’a vèyu.

Li feume qui dj’a vèyu.

Lès-omes qui dj’a vèyu.

Lès feumes qui dj’a vèyu.

 

(3) emploi de l’auxiliaire AWE /AVEUR pour les verbes d’action et IESSE/ESSE pour les verbes de situation:

par exemple:

(F) Et votre grand-père, comment va-t-il?   Il est mort.  Il est mort cette année.

(W) Et vosse grand-pére, comont-ce qu’i va?  Il èst mwârt.  Il a moru c’t-anéye-ci.

 

(4) concordance des temps différents (héritage latin).

(F) Il faut qu'il vienne.

Il fallait qu'il vienne.

Il faudra qu'il vienne.

Il a fallu qu'il vienne.

Il faudrait qu'il vienne.

(W) I faut qu'i vègne.

I faleûve qu'i v'niche.

I faurè qu’i vègne.

Il a falu qu'l niche.

I faureûve qu'i vêreûve.

 

(5) non adaptation de la forme verbale au sujet après “C’est ... qui ... (sauf à la 3e personne du pluriel).

C’èst mi qu’a v’nu.

(F) suis

C’èst twè qu’a v’nu.

es

C’èst li qu’a v’nu.

est

C’èst nos(-ôtes) qu’a v’nu.

sommes

C’èst vos(-ôtes) qu’a v’nu.

êtes

C’èst zèls qu’ONT v’nu.

sont

 

3 Sémantique, ou le sens des mots

(W) Dj' a ridé su one pèlake èt dj'a bîlé l' molète di mi gngno.

(F) J'ai glissé sur une pelure et je me suis fêlé la rotule.

 

(W) Waitîz one miète si dj' n'a nin one bârbauje è mi ouy.

(F) Regardez donc si je n'ai pas une petite portion de matière dans l'oeil.

 

(W) En clinçant vosse jate, vos-avoz spaurdu su vosse lalète.

(F) En penchant votre tasse, vous avez épanché sur votre sous-tasse.

Des choses aussi simples ne seront certainement pas comprises par quelqu'un qui ne connaît que le français.

 

·      Le wallon a souvent plusieurs mots pour traduire un seul mot français.

 

Par exemple:

(F) les ciseaux

1 de couturière (W) li cizète,

2 de jardinier           li cizia

 

(F) fumer

1 cigarette         (W) fumer ;  2 produire de la fumée    fumyî ; 3 passer à la fumée (jambon, lard, etc.) èfumyî ; 4 avec du fumier  ècrachî

 

(F) recouvrir

1 pour cacher (W) rascouviè

2 pour protéger     ricouviè

 

(F) sac

1 contenant (W) satch

2 contenu           satchîye

 

(F) tordre

1 le bras, une barre  (W) twade

2 quelque chose pour en extraire un liquide  stwade

 

3 morphologique, de la forme des mots

 

a Certains noms qui sont masculins en français sont féminins en wallon et vice-versa :

par exemple :

(F) l'air (m) (W) l'aîr (f) èst frède.

la dent(f) li dint (m) èst gâté.

 

b Certains noms qui sont du singulier en français sont au pluriel en wallon et vice-versa:

par exemple:

(F) la boue   (W) lès broûs sont

les ciseaux          li cizète èst

 

c Le wallon peut, en ajoutant au radical de la plupart de ses verbes le suffixe -ADJE, former un substantif actif qui peut être comparé, mutatis mutandis, à l’infinitif substantivé du néerlandais et de l’allemand.

par exemple:

(N) het spel = (W) li djeu

het spelen = li djouwadje

 

d Un verbe transitif en français ne l’est pas nécessairement en wallon; un verbe réfléchi non plus:

par exemple:

(F) se rappeler quelqu'un: (W) si rapèler d’one saquî

s’envoler  (W) èvoler mais

trébucher        si trèbuker

 

e Le wallon use de préfixes fréquentatifs: CA-, CO-, RACA- que le français ne possède pas.

par exemple:

tayî

cotayî

racotayî

hatchî

cohatchî

racohatchî

ristinde

caristinde

racaristinde

boûre

caboûre

racaboûre

 

4 Syntaxe, ou l’ordre des mots

 ·      différences dans la formulation de questions.

par exemple:

(F) Avec qui travailles-tu?

(W) Avou qu'èst-ce qui vos boutez?

      Qu'èst-ce qui vos boutez avou?

 etc.

 

  • prépositions:

 

par exemple:

a (F) être fâché CONTRE (opposition)

(N) boos zijn OP (appesantissement); (D) böse sein AUF (idem); (E) to be cross/angry WITH (échange); (I) essere arrabbiato CON; (ESP) ser enfadado CON

(W) ièsse /èsse mwaîs/måva APRES (direction) /SU (appesantissement)

 

b - Parfois, le (W) fait comme le (F), alors que le (N) a une solution différente.

par exemple :

(W) Dispûs èyîr          (F) Depuis hier      (N) Sinds gisteren

 

- Parfois le (W) fait comme le (N), alors que le (F) a une autre solution.

par exemple :

(W) à timps

à vélo

au tchwès

dins iût djoûs

(F) à temps

à vélo

au choix

dans huit jours

(N) OP tijd

MET de fiets

NAAR keuze

OVER 8 dagen

 

- Parfois le (W) fait comme le (N) alors que le (F) a une autre solution.

par exemple :

(W) SU l'preumî momint

do cafeu AVOU do lacia

SU l' mârtchi

Ė m' place

(N) OP het eerste ogenblik koffie MET melk

OP de markt

IN mijn plaats

(F) au premier moment

du café au lait

au marché

à ma place

 

-  Parfois le (W) a sa solution particulière, alors que le (F) et le (N) font la même chose.

par exemple :

(W) di doû

su l' gazète

(N) IN de rouw

IN de krant

(F) EN deuil

DANS le journal

 

- Parfois les solutions du (W), du (N) et du (F) sont toutes trois différentes.

par exemple :

(W) À plin djoû

È scole

À ç’ momint-ci

ritche DI

È l' maujo

DÈ l' samwin.ne

(N) BIJ klaarlichte dag OP/IN school

OP dit ogenblik

rijk AAN

Thuis

IN de week

 

EN plein jour

A l'école

EN ce moment

riche EN

A la maison

PENDANT LA/EN semaine

 

  • Des verbes, transitifs dans une langue, peuvent ne pas l’être dans l’autre.

par exemple .

(W) cachî APRES

dimander APRES

raviser

(F) chercher

demander

ressembler à

 

  • Dans le verbe réfléchi.

par exemple .

(F) ACCOUCHER

(W) ACOÛTCHÎ

 Le docteur qui a accouché ma femme.

Li médecin qu'a acoûtchî m' feume.

 

S' ACOÛTCHÎ

Ma femme a accouché

Mi feume s'a acoûtchî.

 

  • Dans les expressions stéréotypées (des centaines)

par exemple :

(W) awè l' finance

être riche

awè s' mwin faîte

être entraîné

awè l' plantchète

être refoulé

awè one broke

ne pas réussir

awè s' pwin cût (èt sès bougnèts sètchs)

être parvenu à l'aisance

ènn’ awè avant

garder rancune

ènn’ awè pèsant

être peiné

causer à spèsse linwe

zézayer

causer doûs à

flatter

 

5 Orthographe

L'orthographe de la langue wallonne est codifiée.  Elle a été établie en 1900 par un philologue verviétois, Jules Feller. Elle est valable pour toutes les variétés du wallon.

Si elle est beaucoup plus rationnelle que celle du français, son créateur a eu néanmoins le souci pour ne pas dérouter les utilisateurs, lecteurs ou écrivains, qui n'apprenaient à l'école à écrire et à lire que le français, de ne pas trop s’écarter de l’orthogrtaphe française, ce qui handicape celle du wallon.

Elle est plus rationnelle: le français a 46 orthographes possibles pour le son [o:] (o long), le wallon n’en a plus que 8.  Mais le néerlandais, par contre, n'en a que deux.  Les règles principales qui distinguent le système orthographlque wallon du système français sont:

 

1 Quand on ne prononce qu’une seule consonne, on n’en écrit qu’une.

par exemple:

(F) chariot charrette (W) tchaur tchèrète

 

2 Un e prononcé porte toujours un accent. Toujours le même pour le même son.

par exemple :

(F) les [ε] très [ε] chers [ε:] frères [ε:]

(W) Dj'a frèd mès brès; djè lès r’tchaufe.

 

3 Une voyelle longue est toujours surmontée d’un accent circonflexe (sauf: au).

par exemple:

(F) hôpital (son bref !)  zone (son long !)

(W) bwâre, bîter, boû, braîre, bûre.

 

4 y rend le son [j], alors que le françaisle rend par: y, hi, ll, il, ill, illi, etc.

par exemple: ouy, vîy, vîye, baye.

 

5 g se prononce toujours  et j toujours  [ ], alors que le prononce prononce :

a [g] (Gaston, gagner)

b  ‘j’ (gendre, geôle) et dérive “enjôler” de “geôle”!, etc.

 

Malheureusement l'imitation obligée du système du français handicape le wallon, par exemple dans l'emploi de: c, ç, s et ss pour le même s on s; dans l'emploi de consonnes muettes, par exemple: dwègt, pîd (même de consonnes muettes qui ne se justifient pas étymologiquement: pwèds).

Tout cela vaut d'être conservé.  Cela nous amène naturellement à faire appel à un enseignement organisé de notre langue.

 


OBJECTIONS A L’EGARD DU WALLON

 

1 "Grossièreté"

Il n’y a pas de grossière langue, il n’y a que des gens grossiers. On ne peut prétendre que la proportion de grossières gens soit plus petite en France ou ailleurs que chez nous. Toutes les langues sont parlées grossièrement par une certaine catégorie de gens. 

Chaque langue met la limite entre la politesse et la familiarité, entre la familiarité et la grossièreté à un endroit différent.

Ceci apparaît dans l’emploi des pronoms de la 2e personne, où le wallon est plus sévère et plus nuancé que le français, ou encore dans l’emploi de noms et de verbes réservés aux gens ou aux animaux.

 

2 Manque d’unité

Le romanche, enseigné comme première langue dans les scolettas (écoles gardiennes) et le primaire, se divise en 5 dialectes.  Depuis quelques années seulement, cette langue a été unifiée.  C’est aussi le cas du breton et du frison, qui comptent plusieurs dialectes.  Dans le Dictionnaire de la prononciation française dans son usage réel, on relève sur les 50.000 mots les plus courants du français, 10.000 mots, soit 20 % sur la prononciation desquels les dictionnaires ne sont pas d’accord! On constate que plus de 10 % en ont deux, 4 % en ont trois et 4 % plus de trois.

 

3 "Pauvreté en vocabulaire"

Relativement pauvre en adjectifs et en noms abstraits, le wallon est relativement riche en verbes et en noms.  On estime (Joseph Warland Ulg) le vocabulaire wallon à 70.000 mots, celui du français et de l’italien à 125.000 mots, ceux de l’anglais et de l’espagnol à 185.000 mots et ceux de l’allemand et du néerlandais (Van Dale’s Groot Woordenboek) à 210.000-220.000 mots.

La différence entre le wallon et le français peut paraître grande, mais dans les adjectifs français, beaucoup sont empruntés et non dérivés du latin.  P.ex.: acétique, agricole, aqueux. auriculaire, aurifère, culinaire, cuprique, gracile, melliflue, solipède, etc.

De même, les noms abstraits sont tirés généralement par emprunt au grec ou au latin.  P.ex. : calvitie, claustrophobie, ergothérapie, cuniculiculture, odontologie, otologie, capillarité, caséine, etc., ainsi que de nombreux noms concrets, ex. aquarium, bibliothèque, calcéolaire, dactylographie, etc.

 

D'autre part, correspondant au français

 

le wallon a

 

neiger

nîver, nîveter, nîveloter, payeter, flotcheter, selon l'intensité ou la façon de neiger;

bouillir

boûre

?

riboûre

?

caboûre

?

racaboûre

?

brotchî

?

tuker

argent: a) métal

b) monnaie

 

a) l'ârdjint

b) les caurs/les liârds

(N) a) het zilver

 b) het geld

fille: a) fils

b) garçon

 

a) li fi

b) li gamin

a) de zoon

b) de jongen

geler: a) il gèle

b) l’eau gèle

 

a) i djale

b} l’eûwe èdjale

a) het vriest

b) het water bevriest

le sac: a) contenant

b) contenu

 

a) li satch

b) li satchîye

a) de zak

b) de zakvol

sans doute: a) sûrement

b) probablement

a) sins manke

b) dandjureûs

a) zeker

b) waarschijnlijk

       

 

4 "Inutilité"

Dans les affaires et la science, me direz-vous bien sûr, mais dans ce cas, il ne faut plus apprendre d’autre langue que l’anglais.

 

a L’authenticité

D’où résulte une créativité accrue.  Celui qui fait sa culture dans sa propre langue n’est plus un nourrisson qui boit le biberon qu’on lui présente, dans lequel il n’a rien pu mettre, même s’il le trouve indigeste ou ne lui plaît pas, mais un homme conscient et libre, qui a des raisons de fierté que l’imitation rendrait ridicules.

Le cours d’histoire sert à l’homme à se situer dans le temps, celui de géographie à se situer dans l’espace terrestre.  Le cours de wallon doit permettre à un wallon de se situer dans l’ensemble des cultures et d’y contribuer de façon originale, c’est-à-dire de leur apporter un enrichissement.  Une espèce animale qui disparâit de notre terre est un appauvrissement ; que dire alors d’une langue.

 

b Il y a quand même un intérêt pratique évident:

L’élève qui connaît le wallon apprend plus facilement le latin:

(W) crèche

< (L) crescere

nêvyî

< navigare

reûmyî

< rumigare

scoryî

< corrigare

tchèryî

< carricare

tinkyî

< tendicare, etc

 

Il apprend plus facilement l’italien:

(I) accoviciarsi

(W) s’acovissî

bussare all uscio

bouchî à l’uch

la costura

li costeure

disdirsi

si disdîre

l’estate

l’èsté, etc

 

De même l’espagnol:

(Esp) baño

(W) lès bagnes

baston

baston

caeer

tchaîr

casi

causu

despertar

dispièrter, etc

 

De même l’allemand:

(D) giessen

(W)  < gueûse

gelid

< guilite, etc.

 

De même l’anglais:

(E) chair

(W) tchèyêre

chimney

tchiminéye

Même emploi de l’auxiliaire ‘avoir’:

I have fallen.

Dj’a tchèyu / toumé.

Même construction de l’interrogative, avec rejet de la préposition.

 

De même le français :

- a) meilleure compréhension des différences linguistiques (wallonismes, etc.);

- b)possibIlité de mieux faire ressortir les limites et les possibilités d'une langue

- c) servir de référence pour expliquer les origines et le développement du français

- d) analyse d’une société.

 

De même pour l'histoire et la toponymie: connaissance pour traiter de la Wallonie.

Une bonne connaissance de la langue wallonne est une aide énorme pour vaincre les difficultés du français.

 

(1) La présence d’un -s- dans le wallon:

baston, hospitau, rèstia/ristê, tchèstia/tchèstê, wastia/wastê, etc., dénonce celle d’un accent circonflexe en français.

Par exemple:

(W) batia / batê - (F) bateau

 

(2) Le français /’an’ / écrit avec un ‘a’ se prononce en wallon /’an’/.

Par exemple:

(F) champ

(W) tchamp

chant

tchant

avant

divant

quand

quand

Le français /’an’/ écrit avec un ‘e’ se prononce en wallon /’in’/.

Par exemple:

(F) entrer

(W) intrer

fendre

finde

mentir

minti

pendre

pinde

temps

timps

tenter

tinter

vent

vint

Il y a quelques exceptions et on peut préjudger des irrégularités du français, comme “vAntail” dérivé de “vEnt”.

Les difficultés nombreuses résultant en français de l’homonymie sont généralement inexistantes pour qui connaît le wallon.

Par exemple:

(F)

(W)

(F)

(W)

ce

ci ...-ci, ci ...-là

ni

ni

se

si

n’y

n’î

 

 

 

 

c’est

c’èst

peu

wêre

s’est

s’èst

peut

pout; sét

 

 

 

 

la

li

quand

quand

l’a

l’a

quant

tant qu’

 

 

qu’en

 

qu’è

ma

mi

son

si

m’a

m’a

sont

sont

 

 

 

 

mon

mi

etc.

 

m’ont

m’ont

 

 

Même si on ne cherche pas de rapport entre le wallon et une autre langue, la connaissance du wallon est un atout important en ce sens que l'entraînement à passer d'une langue à l'autre, en l'occurrence du wallon au français, les décomplexe au moment de passer à une troisième, etc. 

 

c Le fait de savoir que leur langue, qui n'a aucun rapport avec autres langues européennes, n'est ni comprise ni étudiée en dehors de leur pays, n'empêche pas les Hongrois de la pratiquer et d'en faire la base de leur culture, submergée cependant pendant longtemps par la culture allemande.

d Les Bretons, les Occitans et les Catalans, ... ont les mêmes revendications.  On ne peut affirmer que leur culture ou leurs possibilités soient plus grandes que les nôtres. 

e Ces revendications linguistiques modérées n'ont pas seulement un aspect culturel, mais aussi un aspect social.

 

Annexe

De Saussure Ferdinand, Cours de linguistique générale, éd. critique par Tullio de Mauro, (1915-), éd. Payot, 1979

 

“Nous ferons ici abstraction de tout ce qui trouble la vue de la diversité géographique naturelle, en dehors de toute importation de langue étrangère et de toute formation d’ une langue llittéraire.  Cette simplification schématique semble faire tort à la réalité; mais le fait naturel doit être d’ abord étudié en lui-même. (p.269)

D’après le principe que nous adoptons, nous dirons par exemple que Bruxelles est germanique, parce que cette ville est située dans la partie flamande de la Balgique; on y parle le français, mais la seule chose qui nous importe est la ligne de démarcation entre le domainie du flamand et celui du wallon.  D’autre part, à ce même point de vue, Liège sera roman parce qu’il se trouve sur le territoire wallon; le français n’y est qu’une langue étrangère superposée à un dialecte de même souche.  Ainsi encore Brest appartient linguistiquement au breton; le français qu’on y parle n’a rien de commun avec l’idiome indigène de la Bretagne; Berlin, où l’on n’entend presque que le haut-allemand, sera attribué au bas-allemand, etc.” (p.270)

 

Abbé R. Mouzon, Editorial, Singuliers 4/1995, pp.4-8

“Parle un peu belge! me dit une jeune française de mon âge, assise sur les brancards de notre véhicule à l’arrêt, au cours de l’ exode de 1940.  Parler belge?  La demande me surprit.  Mais après tout, on parle bien français en France, et portugais au Portugal!” (p.5)

 

10:13 Écrit par Li walon, nosse langue dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : li walon nosse langue |  Facebook |

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